EXO-TERRITOIRES

Projet réalisé pour le spectacle de Frédéric Deslias,
Norbert Merjagnan, Caroline Freissinet et Jana Klein

Cette série photographique a été réalisée d’après le spectacle « Exo-territoires » écrit par Norbert Merjagnan et mis en scène par Frédéric Deslias. Un groupe de bénévoles s’équipe de combinaisons afin de s’embarquer en mission spatiale en compagnie d’un astronaute. Simulant l’exploration pionnière, les équipages feront une expérience d’exobiologie en planète inconnue, ainsi que d’une refonte du regard.

PLANÈTE-ROUGE

Nous ne nous attardons pas à la surface de cette planète inhospitalière. Notre pilote s’engouffre rapidement dans une gigantesque faille pour nous protéger des vents solaires. Nous amorçons une longue descente dans les entrailles de la planète à bord de notre rover ignifugé. Nous sommes si profond que nous perdons le contact avec la station.
Moins 7882 mètres sous la surface du sol, la faille devient trop étroite pour notre véhicule. Malgré une température extérieure d’environ 43°C, tous les capteurs extérieurs semblent être favorables à une sortie de courte durée.
Nous continuons donc l’exploration de ces galeries de silice extrêmement fin à pied. Le défilé est somptueux, comme en témoigne notre experte géologue : « Je me suis sentie comme une globule rouge parcourant les vaisseaux d’un corps humain ».
Tous nos instruments de tracking et géolocalisations sont dans les choux.
Nous progressons donc à l’instinct, ne comptant plus que sur notre mémoire visuelle pour retrouver le rover. C’est curieux mais, dénué de toute technologie, l’équipe éprouve un sentiment de liberté et de solidarité exacerbé.
Après trente minutes d’exploration, nous décidons d’effectuer les prélèvements dans une immense cavité, permettant ainsi de garder le contact visuel. Alors que chacun d’entre nous exécute ses ordres de missions, une épaisse fumée blanche envahit progressivement la grotte. Le détecteur de toxicité nous ordonne de regagner au plus vite le rover. Nous peinons à récupérer notre ingénieur en imagerie numérique, complètement absorbé par la beauté du lieu.
Nous rebroussons chemin dare-dare en suivant tout simplement nos empreintes laissées sur le sol meuble. En à peine quinze minutes, nous retrouvons le confort de la navette.
Fin de la mission

LE PAVILLON DU DOCTEUR EDMOND VIAN

 

La planète bleue est en réalité toute blanche car elle est recouverte d’un fin manteau neigeux. Les repérages détectés par notre satellite étaient bien exactes, seule la géolocalisation du signalement était approximative car la capsule nous a déposé à plusieurs kilomètres du lieu à explorer.

Après plusieurs heures de marche à travers une épaisse forêt de feuillus morts, l’imposant monument de béton apparait. Sur la façade nord, à priori l’entrée du bâtiment, est inscrit en énorme bas relief, « PAVILLON DU DC EDMOND VIAN ». Ainsi sera nommée notre mission.

Nous nous introduisons sans difficulté à l’intérieur. Malgré la faible probabilité de trouver du «vivant» sur cette planète, l’équipe se sépare pour effectuer un maximum de prélèvements et observations.

L’édifice se compose de trois plateformes en béton armé, reliées par de longs couloirs vitrés. Pour passer d’un étage à l’autre, l’architecte a conçu de magnifiques escaliers semi hélicoïdales également entièrement vitrés. Tout semble avoir été étudié en fonction de la lumière.

La plateforme centrale, la plus imposante, plusieurs milliers de mètres carrés, est rigoureusement identique à chaque niveau. Chaque étage possède un immense couloir central, desservant de petits espaces donnant sur une longue terrasse exposée plein sud. La configuration laisse penser qu’il s’agit d’espaces privatifs.

La plateforme est se compose au contraire de grands volumes non cloisonnés. Ce sont sans aucun doute des espaces collectifs destinés au travail. Malheureusement il ne reste plus aucune trace de l’activité qui s’y développait.

La plateforme ouest est pour nous la plus mystérieuse. Elle contenait probablement des espaces techniques ou des petits laboratoires.

Le professeur Walter Bravinsky, expert en exo architecture, pense qu’il pourrait s’agir d’un vestige d’une cité, dans laquelle une centaine d’individus aurait vécu en autarcie.

PLANÈTE-ROUGE

Nous ne nous attardons pas à la surface de cette planète inhospitalière. Notre pilote s’engouffre rapidement dans une gigantesque faille pour nous protéger des vents solaires. Nous amorçons une longue descente dans les entrailles de la planète à bord de notre rover ignifugé. Nous sommes si profond que nous perdons le contact avec la station.